
Les plans de masse servent à plein de choses : réduire le crosstalk, contrôler l'impédance d'une piste, ... Mais pour ça, il faut qu'ils soient bien faits. Une des règles de base est qu'ils doivent être "pleins", c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de trous dedans. Pourquoi ?
Un signal numérique, même de faible fréquence, peut comporter des composantes hautes-fréquence. Plus ses fronts seront raides, plus il y aura de hautes fréquences.
Plus précisément, la bande passante d'un signal ne dépend pas de sa fréquence, mais seulement de la raideur des fronts. Si Tf est le temps de montée des fronts, la bande passante vaut environ
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Le spectre de tout signal numérique contient donc des composantes basse-fréquence et des composantes hautes-fréquence. Avec un temps de montée de 5ns, les composantes haute-fréquence vont jusqu'à environ 100MHz. Ce sont ces hautes-fréquences qu'il faut gérer correctement sinon elles causent des problèmes...
Une règle de base à retenir est que tous les courant s'écoulent en boucle. Le chemin physique suivi par cette boucle est celui qui minimise l'impédance totale de la boucle.
Prenons un signal sur un circuit imprimé, qui sort d'une porte A et va jusqu'à une porte B. Le courant dû à ce signal circule sur une piste du circuit imprimé, allant de la première première porte à la deuxième. Mais que se passe-t-il après ?
Le courant s'écoule en boucle. Arrivé à la seconde porte B, il doit trouver un moyen de revenir à la première. Le retour se fait par le chemin qui va minimiser l'impédance totale de la boucle, autrement dit par l'alimentation (la masse), car elle est justement faite pour présenter une impédance très faible. Pour le courant de notre signal, on aura donc comme chemin total :
Imaginons qu'on a un plan de masse sur tout le circuit imprimé. Tous les signaux disposent donc d'un chemin de retour, passant dans ce plan de masse. Regardons plus précisément la tête de ces chemins.
Les courants suivent la boucle d'impédance minimale. L'impédance du cuivre a deux composantes principales : la résistance et l'inductance, et vaut
. Elle dépend donc de la fréquence.
À basse fréquence,
, donc
. Le chemin de retour va donc suivre la boucle de résistance minimale, et s'écouler en suivant le chemin le plus court à vol d'oiseau, comme c'est indiqué dans la figure ci-dessous.
À haute fréquence,
est grand. Donc
. Le chemin de retour va donc suivre la boucle de d'inductance minimale. L'inductance minimale d'une boucle est obtenue en minimisant sa surface. Le chemin de retour en haute fréquence va donc se trouver dans le plan, mais juste en dessous de la piste. Il va en quelque sorte coller au trajet de la piste.
Pour un signal numérique normal, le chemin de retour dans le plan de masse sera un mélange des deux :
Que se passe-t-il s'il y a un trou dans le plan de masse ? C'est simple, le courant dans le plan de masse sera dévié. Il va devoir contourner le trou.
L'inductance supplémentaire sur le chemin du signal va causer quatre problèmes majeurs :
S'il n'y a pas de plan de masse, la situation est encore pire ! Les chemins de retour sont loins de la piste - généralement on ne sait même pas où ils sont - donc on a des inductances parasites en pagaille partout, du crosstalk (couplage), des réflexions, etc...
Bref :
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